Samuel Paty et Dominique Bernard : respect et dignité pour nos collègues
par

Les personnels de l’Éducation nationale sont appelés à rendre hommage avec les élèves à Dominique Bernard et Samuel Paty le mardi 14 octobre à l’occasion d’une minute de silence. Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, a été assassiné suite à un cours sur la liberté d’expression, utilisant des caricatures.
Dominique Bernard, professeur de français, est mort dans son établissement en essayant de protéger les élèves des attaques meurtrières d’un ancien élève du lycée.
Cinq ans après l’assassinat de Samuel Paty et deux ans après celui de Dominique Bernard, le souvenir de nos collègues est toujours bien présent dans les écoles et les établissements scolaires puisqu’ils ont perdu la vie en raison de leur engagement professionnel. L’hommage que nous rendons à nos collègues énonce avec force que l’école doit être un lieu où les personnels comme les élèves se sentent en sécurité, protégé·es de toutes les formes d’obscurantisme et de haine, soutenus dans l’exercice de leurs missions.
Or depuis maintenant cinq ans, ce temps d’hommage est organisé dans l’urgence, sans anticipation ni concertation. Les chef·fes d’établissement ont appris le vendredi 10 octobre qu’iels devaient organiser une minute de silence le mardi 14 octobre. Les collègues ont été informé·es dans l’urgence, sans possibilité d’échanger en équipes et de s’organiser collectivement, de préparer ce temps avec les élèves, ni de mener avec elleux la réflexion pédagogique qui doit accompagner cet indispensable moment de recueillement.
Force est de constater que, pour le ministère de l’Éducation nationale, l’hommage à nos collègues assassinés est davantage un objet de communication politique que l’expression d’un soutien fort aux personnels et à leur mission de service public. Nous notons également avec amertume que nos collègues Mélanie Grapinet, AED assassinée sur son lieu de travail, et Carole Grandjean victime de lesbophobie qui a mis fin à ses jours n’auront droit à aucun hommage. Sans parler d’Agnès Lasalle et de tou•tes les autres.
Pour SUD éducation, les conditions de cet hommage ne sont pas à la hauteur des drames survenus en 2020 et en 2023 : le ministère doit engager des concertations pour penser les conditions d’un hommage adapté à l’âge des élèves et pour différencier le temps d’hommage pédagogique avec les élèves et le temps d’hommage entre adultes.
SUD éducation appelle les personnels à se réunir pour :
-formuler les conditions d’un hommage digne pour nos collègues et les porter auprès de leur hiérarchie ;
- rendre hommage à Samuel Paty et Dominique Bernard.
Les personnels revendiquent un soutien fort de l’institution pour que l’École publique et laïque puisse remplir pleinement son rôle émancipateur, contre tous les obscurantismes et le prosélytisme. À l’heure où l’extrême droite œuvre pour fracturer la société et imposer sa vision réactionnaire du monde, réaffirmons avec force notre détermination à faire vivre l’École publique.
